Les nouvelles formes du mécénat apportées par les entreprises

Bref rappel sur ce qu’est mécénat aujourd’hui

L’arrêté du 6 janvier 1989 donne une définition précise et toujoursd’actualité : « Soutien matériel apporté, sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une œuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités d’intérêts général ».

L’art de choisir le « bon moment »

C’est en effet en période de crise, lorsqu’il est nécessaire de redonner du lien social et ses lettres de noblesses au marché en étant au service du bien commun que  le mécénat peut prendre toute sa place et tout son sens, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

La modernité apportée par les entreprises

Où commence et où s’arrête le mécénat ? La règle éthique et la condition légale du mécénat est de servir l’intérêt général, c’est-à-dire soutenir un projet ou un organisme servant l’intérêt général.

L’esprit qui inspire la loi de 2003 souhaite la conciliation entre le modèle français et les réalités de la société contemporaine : la puissance publique est la plus pertinente pour impulser la volonté générale et servir l’intérêt général mais elle n’en a pas le monopole.

Ainsi, la société civile peut participer à sa réalisation (citoyens, associations, groupes d’intérêt) autour de causes particulières où l’intérêt de tous qui est en jeu (maladie, exclusion,éducation, diffusion culturelle). Et l’entreprise peut également y participer : elle a son rôle à jouer au service de l’intérêt général, en complétant, secondant, prolongeant l’action publique.

L’amplification des relations entre acteurs

Le mécénat d’entreprise est d’abord une rencontre entre deux mondes : entreprise et bénéficiaires. La relation y est très importante entre : mécènes et destinataires, dirigeants et collaborateurs d’entreprise,organisation partenaires, secteur public et privé, porteurs de projets et société civile.

Il existe 3 avantages pour le mécénat d’entreprise : une meilleure cohésion de l’équipe autour de valeurs communes, un bénéfice d’image et une communication plus riche. Le mécénat permet également des initiatives transversales qui font rupture avec le rôle que chacun joue habituellement. Il représente souvent un critère de choix pour les cabinets de recrutement ( engagement social ou culturel). Le mécénat d’entreprise doit cependant savoir impliquer ses salariés, se mettre à l’écoute de leurs initiatives et assurer un relais efficace.

Les multiples actions possibles d’une entreprise

Pour faire du mécénat, une entreprise dispose de nombreuses structures : régie directe, régie indirecte, fondations qui sont les seules à pouvoir être dédiées spécifiquement au mécénat.

Il existe 7 types de fondations : fondations sous égide, fondations reconnues d’utilité publique,  fondations de coopération scientifique, fondations partenariales, fondations universitaires, fonds de dotation et fondation d’entreprise.

Les grands domaines d’intervention sont : le mécénat de solidarité, le mécénat culturel, le mécénat environnemental, le mécénat de recherche, le mécénat du sport. Il existe également le mécénat croisé et les thèmes transversaux. Les formes d’intervention sont : financement, nature, et compétences. Enfin, le mécénat peut concerner le local comme l’international.

Conclusion : l’entreprise devient engagée

Il ne faut pas tout attendre de l’Etat, il faut  faire confiance aux initiatives de la société civile et des acteurs économiques, et les accompagner,  les encadrer légalement, et les inciter par les avantages fiscaux. Il est donc urgent de rompre avec les préjugés à l’encontre du mécénat et d’en faire un véritable facteur de progrès. C’est un partenaire de l’intérêt général et un catalyseur d’énergies humaines.

« L’entreprise mécène contribue à rendre l’autonomie qui est à la source de l’initiative privée et de la création d’entreprise, c’est donc ce qu’elle aura à cœur de donner ou de rendre, à ceux qui en manquent le plus. Elle n’agit ni en donneur d’ordres ni en substitut des pouvoirs publics. Face à un projet, la raison d’être du mécénat n’est ni de le régenter, ni de le laisser faire : simplement de lui permettre de voir lejour ».

Compte-rendu d’après l’ouvrage « Le mécénat, valeur actuelle, quand la société peut compter sur l’entreprise », par Nicolas Simon et Marianna Eshet, Gallimard, 2009.

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