Contrechamp, dans les coulisses du monde culturel avec Mediapart. 3

Et voici le troisième billet consacré à Contrechamp, le rendez-vous vidéo de Mediapart, dédié aux modalités de fabrication de la culture, aux conditions de production et aux processus de création, animée par Joseph Confavreux.

Cette série de rendez-vous vidéo est inaugurée par une interview de Michaël Moreau, un des auteurs du texte « Main basse sur la culture. Réseau, argent, pouvoir« , une enquête, toujours d’actualité, sur l’économie de la culture et sur l’envers du décor des industries culturelles. Un des chapitres s’intéresse à la face cachée du mécénat et, notamment, aux expositions à la gloire de grandes marques et à la prise du pouvoir de la part des sociétés de private banking.

Moreau analyse comment les industries culturelles remplacent la politique culturelle d’État, en changeant ses données, ses contenus, son visage même.

Concernant le mécénat, il rappelle que jusqu’aux années 80 l’intervention privée restait à la marge, cantonnée au financement des artistes plutôt que des productions culturelles. Dans les années 2000, en revanche, on atteint les 400 millions d’euros par an de mécénat. Quelles en sont les conséquences ?

En réponse, il cite son entretien avec Jean-Paul Cluzel, l’ancien directeur de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais. Ce dernier admettait qu’une exposition comme celle sur Auguste empereur de Rome, effectuée en 2014, n’aurait pas pu être montée avec des financements privés. En effet, les mécènes ne financent pas toutes les expositions, mais seulement celles plus rentables : les expositions grand public, autrement dites blockbusters. L’intervention des mécènes signifie donc moins d’expositions exigeantes et moins de diversité.

Moreau pose, ensuite, la question des expositions liées aux grandes marques (Cartier) et au blanchissement de l’image d’entreprise (Total).

Le sociologue Olivier Alexandre, présent lors de l’entretien et auteur de plusieurs œuvres sur la sociologie du cinéma français, intervient sur les différentes conceptions de la philanthropie, en France et aux États-Unis.

Je vous laisse découvrir les autres thématiques traitées : l’art otage du luxe, les conflits de pouvoir dans le monde culturel, l’intérêt des entreprises du CAC40 pour les théâtres privés parisien…

Clorinde_B

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