Contrechamp, dans les coulisses du monde culturel avec Mediapart. 2

Un intéressant dialogue sur les rapports entre l’argent privé et le monde de l’art, nous est présenté dans l’épisode de Contrechamp intitulé Ce que l’argent fait à l’art, enregistré en février 2015.

L’invité Christian Bernard, président du Musée d’art moderne et contemporain de Genève, analyse le cercle vicieux instauré par les expositions dites « blockbuster ». Depuis le début des années 80 les musées publics, pour suppléer à des budgets de fonctionnement insuffisants, se trouvent obligés d’organiser des expositions à succès, souvent caractérisées par des contenus scientifiques légers voire infondés, mais qui mobilisent des millions de visiteurs. D’une manière paradoxale, c’est justement le succès de ces expositions qui aurait encouragé les pouvoirs publics à baisser davantage leurs contributions. Selon lui, les musées seraient donc « prisonniers d’une logique de production des événements de masse » pour garantir simplement l’activité ordinaire de leurs structures. Trouver de l’argent en dehors de l’État signifierait, en conséquence, appauvrir la valeur scientifique de la programmation.

Christian Bernard examine ensuite la différence entre sponsoring et mécénat, soulignant l’influence exercée par les sponsors sur le marché de l’art, dans une volonté de puissance. Si les mécènes agissent comme des opérateurs sur le marché, en dictant leur goût et leur vérité au monde de l’art, en organisant au même temps l’offre et la demande, alors leur influence sur le marché de l’art peut s’avérer nuisible.

Christian Bernard est un des nombreux signataires de la Tribune « L’art n’est-il qu’un produit de luxe ? »  avec, entre autres, les philosophes Giorgio Agamben et Jean-Luc Nancy, l’historien de l’art Georges Didi-Huberman et le chorégraphe Jérôme Bel.

Clorinde_B

Post Tagged with , , ,

Comments & Responses

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *