Philosophie végane : une préférence féminine?

Femme végane (source : pixabay.com)

La philosophie végane à la cote auprès des femmes qui sont les instigatrices des pratiques alimentaires dans la famille.

Les raisons en sont variées. La femme considère qu’elle a un devoir de protection envers ses enfants et par extension envers tous les êtres vivants qui vont participer à son futur. Cela la sensibilise à l’écologie, a la lutte contre le gaspillage, mais aussi à l’opposition contre toutes les formes de violence envers ceux qui ne peuvent se défendre par eux-mêmes, je veux dire, les animaux et surtout les animaux d’élevage.
Contrairement à la vision masculine de domination de la nature, elles sont les protectrices du vivant.
Cet ensemble de centres d’intérêts fait qu’elles vont facilement se tourner vers le véganisme comme mode de vie : c’est la mise en pratique, au quotidien, de leurs valeurs.

Mais devenir végan est un processus lent.

D’autant qu’il nécessite une remise en cause notre culture, basée sur la domestication et la consommation de certains animaux de ferme. Tous les savoirs et savoirs faire liés aux modes de fabrication des fromages, des salaisons, des charcuteries, du miel, mais aussi les savoirs liés aux traitements des peaux, des poils (adieu laine en poils d’agneau, de mouton, de chèvre, de lapin, d’alpaga !) sont désormais mis de coté dans cette perspective.

De même l’élevage intensif, mais aussi, pour des raisons nutritionnelles, l’agriculture intensive et mondialisée : les produits les plus riches en nutriments et en saveurs sont autour de nous, avec une diversité liée aux saisons. Et à ce niveau, on redécouvre les légumes anciens, les modes de culture alternative utilisés depuis le Moyen Age en Europe et les anciennes recettes, plus épicées qu’aujourd’hui mais si riches et rassasiantes. ..

Cependant, cette tendance végane a toujours existée.

elle ressurgit à de nombreuses reprises au cours du temps et ce depuis l’Antiquité. Nouveauté du XXIe siècle, la tendance touche une large part de notre société et est fortement médiatisée.
L’impact se fait sentir sur le circuit de distribution des grandes surfaces qui veulent s’adapter à ce nouveau type de clientèle : elles privilégient les élevages en plein air pour les volailles, mettent en avant les viandes du terroir, les légumes et autres produits bio. Économiquement, il y a derrière ce changement un fort impact économique (création de nouveaux labels, de nouvelles marques).

Mais l’être humain est il, à la base, pacifiste et respectueux de la vie sous toutes ses formes ?

Oui …. Et non. Le genre humain s’est développé au dépend d’autres animaux, d’autres plantes :
– D’abord de façon pensée, en ne prélevant que le strict nécessaire pour survivre et en reconnaissant qu’ils devaient rembourser la nature pour ce qu’ils prélevaient ( pensée religieuse d’équilibre du monde à maintenir),
– puis avec une simple volonté d’avoir plus pour les périodes de disette et de guerre et pour échanger contre d’autres biens qu’ils ne pouvaient produire,
– et finalement, perdant le contact avec la nature et son équilibre, en décidant de sélectionner et développer uniquement les animaux et les plantes utiles.
– Le passage à l’industrialisation, au XIXe siècle a extrapolé cette politique dans le monde entier.

2 000 ans d’ « évolution » et on mesure aujourd’hui les risques et les pertes au niveau mondial que ce comportement peut entraîner.

Cependant, comme l’écrivait le journaliste Théo Ribeton dans son essai « V comme Végan » l’an dernier :
« Les digues [au développement du végan] ne sont plus argumentaires
mais psychologiques et culturelles »

Certains chercheurs considèrent que le fait de manger des animaux est un moyen d’affirmer la supériorité de l’homme sur ces derniers.

« La pratique consistant à chasser ou à élever des animaux pour les tuer et les manger
est une constante de l’histoire de l’humanité. »

Florence Burgat, chercheuse à l’INRA.

Manger des animaux serait donc un moyen de montrer que nous sommes au dessus de l’animalité et le fait de parler de viande au lieu de cadavre permet de faire rentrer l’animal dans une case alimentaire acceptée et banalisée.
C’est d’ailleurs pour cela que le terme est repris pour les aliments de substitution : steack de pois, de soja, de blé… C’est une façon de les reconnaître culturellement comme équivalents en nutriments à la viande.

Maintenant, un peu plus de clarté avec l’émission de France Inter « Grand bien vous fasse » du 23/05/17 ou l’on verra la différence entre végétarisme et véganisme, en terme de philosophie et d’art de vivre et leur combat politique

Pour aller plus loin :
une conférence vendredi prochain : inscrivez vous !
une interview de F Burgat 2017 : Pourquoi les hommes sont ils à ce point attachés à la viande ?

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